Peinturevers 1911Thème: Les scènes mythologiquesTechnique: huileSupport: sur toileAuthenticité: oeuvre certifiéeinitiales KXR en bas à gauche35,2 x 26 cm Historique et description
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Désolé, cher histo-rien d’art inculte, ce n’est pas un groupe bachique, pauvre bachique-bouzouk ! c’est une bacchanale : apprends à connaître la mythologie et apprécier la poésie de Ker Xavier Roussel . La langue française est riche . Si les mots bachiques et bacchanales ont une étymologie commune , liée au nom du dieu du vin et de la fête , Bacchus , chacun a un sens différent : L’un s’applique au profane , l’autre au sacré . Le profane , pour définir une réunion conviviale autour de la dégustation du vin ou de la fête, une confrérie œnologique ou festive, un cercle de buveurs ou amateurs de vin, un groupe littéraire ou artistique célébrant le vin, la fête, la convivialité, un ensemble musical interprétant des chansons liées aux boissons et à l’acte de boire . Dans la tradition française, le mot bachique évoque immédiatement les goguettes, les banquets, les chansons bachiques, les scènes de buveurs dans la peinture flamande, ou encore les sociétés joyeuses du XIXᵉ siècle. Le sacré : les Bacchanales , dans l’Antiquité Gréco-romaine, étaient des fêtes religieuses, liées au culte de Dionysos et de Bacchus . Elles comportaient des cérémonies nocturnes, des transes sacrées, une consommation de vin sans mesure, des pratiques perçues comme orgiaques par les Romains. En 186 av. J.-C., les bacchanales furent au centre d’un scandale politique majeur : le Sénat romain réprima violemment ces cultes, accusés de former une « société parallèle » dangereuse pour l’État. Déjà le retrait de points … comme quoi , rien de nouveau sous le soleil . L’expression groupe bachique s’applique à notre époque moderne, avec une consonance conviviale, dans le but de célébrer la culture de la vigne et du vin, dans un cadre public , social , festif ou folklorique . L’image renvoyée est positive . Le terme Bacchanales concerne l’antiquité gréco-romaine , un rite religieux initiatique, dans le but d’honorer Dionysos/Bacchus par des mystères , dans un cadre secret, parfois interdit , mystique, orgiaque, subversif . L’image renvoyée est ambivalente, et parfois scandaleuse . Dans les arts , Les scènes bachiques (banquets, buveurs, fêtes du vin) sont un thème iconographique courant, distinct des bacchanales qui représentent les rites dionysiaques plus exaltés. Analyse de l’oeuvre Au centre , un jeune homme et un enfant dansent . Sur la gauche, un enfant porte une grappe de raisin , sur la droite , une femme assise se tient auprès d’un homme allongé . Au lointain , dans le paysage , on distingue des maisons : Ainsi décrire l'oeuvre relève d’une vision simpliste. En regardant mieux , on voit que les personnages s’inscrivent dans un cercle . L’artiste a donc composé son tableau. On voit également que l’homme qui danse tient un bâton ou une lance dans sa main droite . Ces éléments , au regard du jeune personnage tenant la grappe de raisin nous font comprendre que ces éléments décrits appartiennent à un vocabulaire visuel très codifié : la scène est sans ambiguïté une scène bacchanale, parfaitement conforme aux représentations du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle : danse, vin, raisins, enfants bacchants, femmes et hommes dans des attitudes festives ou sensuelles. Dans la clarté douce d’un paysage qui semble retenir son souffle, une bacchanale se déploie sans bruit. une scène statique . Rien ne s’avance, rien ne défile : la fête est là, mais elle ne bouge pas. Elle se tient comme un rêve arrêté. Bacchus repose, étendu dans l’herbe, non pas ivre de tumulte, mais gagné par une paix intérieure. Son corps détendu fait de lui un dieu pastoral, un Bacchus de silence et de soleil. À ses côtés, une bacchante est assise. Elle n’exalte rien, elle n’appelle pas la danse : elle accompagne. Sa présence calme est une offrande, une manière de dire que la fête peut être douce. Le jeune homme qui danse n'est pas représenté sous les traits d'un satyre . Sa main droite lève un thyrse , le bâton sacré de Dionysos , non pour mener un thiasos, le cortège de Bacchus, mais pour initier l’enfant à la danse. Son mouvement est comme un arrêt sur l’image , comme figé dans l’air. L'enfant à gauche tient une grappe de raisin, comme un petit trésor. Il ne joue pas, il ne court pas : il présente le fruit sacré, dans la tranquillité d’un geste ancien, d'une offrande . Autour d’eux, la nature regarde. Les arbres, la lumière, les collines , les maisons sur la colline , tout semble participer à cette immobilité sacrée. La bacchanale n’est pas une explosion, ni une procession, mais un instant arrêté, où le mythe se repose et s'enseigne. Ici, l’ivresse n’est pas bruyante, la joie n’est pas débordante. L’artiste transforme la bacchanale en une scène d’initiation paisible, où les corps se fondent dans le paysage, où le dieu du vin devient un dieu de lumière. On se plait à penser que Bacchus et la bacchante , sont l'artiste et sa femme , que les deux enfants , sont leurs deux enfants , Jacques et Annette , mais qui est ce jeune danseur ? Le secret nous laisse rêveur.
Historique :Artcurial - impressionniste et moderne 8 juin 2023 _ Lot 208